Les bons et les mauvais points du permis
mardi 13 juin 2006
En matière de sécurité routière, pas question de tout se permettre. En revanche, le tout récent débat sur un éventuel aménagement du permis de conduire à points trouve son origine en Haute-Normandie. Le député UMP de Seine-Maritime et maire de Yerville Alfred Trassy-Paillogues a en effet été le premier à écrire à Nicolas Sarkozy pour lui exposer son point de vue. A notre journal, il livre même son intention d’aboutir rapidement à une proposition de loi sur la question.
« Par rapport à ce que je préconise, le ministre Dominique Perben ne va pas assez loin. J’essaie pourtant d’être raisonnable. Je ne remet en aucun cas les sanctions liées à la consommation d’alcool ou à la grande vitesse. J’agis pour ceux qui ont perdu des points pour des raisons qui ne mettent personne en danger. De très faibles excès de vitesse par exemple... »
Le gouvernement accepte l’idée de ce « réaménagement » du permis à points. « Pour le rendre plus juste envers ceux qui ne commettent pas d’infraction grave ». Mais ce que préconise le ministre va à l’encontre du projet du député normand, puisqu’il ne s’agirait que de réduire le délai avant de repasser l’examen afin d’obtenir un nouveau permis. Alfred Trassy-Paillogues enfonce le clou. « Je suis pour ma part favorable à la récupération de ces points perdus à l’unité de façon automatique, au bout d’un an. Sous réserve de graves infractions dans l’intervalle. Car à cause du système actuel, le nombre de chauffeurs sans permis est colossal, et nous arrivons à l’effet inverse du but recherché. Il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore... »
Le ministre Dominique Perben s’oppose en revanche à tout projet de clémence pour les petits excès de vitesse. Mais le gouvernement s’apprête à annoncer au début de juillet une série de mesures destinées à aménager le système en vigueur depuis 1992.
De son côté, le "Monsieur Sécurité routière" Rémy Heitz ne souhaite pas « remettre en cause la politique actuelle de sécurité routière qui a montré son efficacité ». Il envisage cependant lui aussi de réduire, voire de supprimer l’actuel délai de six mois obligatoires avant de repasser son permis invalidé. Mais si Dominique Perben insiste - « Nous avons économisé 8.000 vies depuis quatre ans, près de 100.000 blessés » - il y ajoute un bémol. « Je veux lutter contre la conduite sans permis parce que c’est dangereux pour la sécurité routière ».
Les chiffres confirment d’ailleurs cette grave tendance : 33.000 conducteurs ont été contrôlés pour défaut de permis en 2005, contre seulement 9.756 en 2004 ! Et l’on suppose qu’entre 500.000 et un million d’automobilistes rouleraient sans leur coupon en France... Alors que le nombre de tués sur les routes est reparti à la hausse en avril (+5,4%), il semble urgent d’agir. Même si l’heure est aux lobbyings les plus divers, aux démentis, voire aux tergiversations...
ARNAUD FAUGÈRE
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Le vendredi 13 octobre 2006 par Yves, un routier (plus du tout) sympa.
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